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  • Site Archeologique Genainville

Histoire du site archéologique

Présentation du site

Le site de Genainville se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, à proximité de Magny-en-Vexin.

Il est situé dans un vallon isolé creusé dans le plateau agricole du Vexin. Un chemin pédestre de grande randonnée ( le G.R. 11) conduit du village au site retiré des « Vaux-de-la-Celle ». Une grille d’entrée donne accès à la vaste zone archéologique de 5,4 hectares

Un autre chemin de terre malaisé, néanmoins carrossable, mène à une deuxième grille d’accès à l’autre extrémité du site encadré par des coteaux boisés aux pentes raides.

Privé de signalisation, blotti dans un cadre naturel préservé, le domaine est ouvert aux spécialistes et sur demande aux visiteurs qui veulent se familiariser avec l’archéologie tout en appréciant le calme de ce havre de paix.

Il n’est donc pas surprenant que le site archéologique gallo-romain de Genainville soit peu connu du grand public. Et pourtant, il s’agit d’un site majeur en Ile-de-France par son ampleur, son intérêt scientifique et ses possibilités de développement : il est inscrit au titre de la loi programme de 1988 parmi les grands sites et monuments historiques du patrimoine national retenus pour leur représentativité.

Localisation

De Paris centre :  tunnel de la Défense, A 86,  autoroute A 15 jusqu’à Cergy puis   R.N. 14, sortie à Magny-en-Vexin (direction Vernon) et de là, à 5 km le village de Genainville.

Le site des Vaux-de-la-Celle se trouve dans un vallon  protégé où la présence de l’eau a attiré très tôt la présence humaine comme en témoignent des vestiges pré et protohistoriques. Une nécropole fin Hallstatt-début de La Tène y a été découverte.

L'origine du site Gallo Romain

Après la conquête par Jules César de 58 à 52 avant J.C., la  Gaule connaît une période de paix qui dure près de trois siècles. Petit à petit, l’utilisation du latin progresse et devient la langue officielle. 

Un réseau de voies romaines favorise le commerce, les transports et les déplacements Le site est situé non loin de la voie Paris-Rouen, dite Jules César (passant par Epinay, Beauchamp, Pontoise,  Magny-en-Vexin et Saint-Clair-sur-Epte, elle existe toujours et plusieurs sections sont ouvertes aux randonneurs.) et de la voie Beauvais – Chartres dite chaussée Brunehaut.

Vers le milieu du premier siècle après J-C., un petit temple gaulois mais de technique romaine ( fanum ) est construit à proximité de la source. Lui succède au deuxième siècle un ensemble architectural important : temple, bassins, théâtre,bâtiments secondaires, habitats, grand collecteur, etc. ( des thermes et, sans doute bien d’autres aménagements, restent à découvrir ).

Comme nombre d’établissements semblables, le site devient un lieu de rassemblements temporaires à caractère cultuel et sans doute d’activités diverses

(le théâtre peut accueillir 5.000 personnes). Pendant près d’un siècle, au temps de sa splendeur, le site reçoit des dizaines de milliers de visiteurs…( L’absence de données précises concernant la création et la destination de l’ensemble architectural de Genainville a conduit les spécialistes à formuler différentes hypothèses de travail. Celle qui est présentée ici paraît la plus vraisemblable au stade actuel des recherches. L’avenir permettra de lui apporter corrections ou compléments.

Cependant à partir de la seconde moitié du IIIème siècle, la pénétration en Gaule de «  barbares »  principalement Francs et Alamans coïncide avec un désintérêt progressif de la Rome impériale pour ses territoires lointains difficiles à défendre.

Vers la fin du Vème siècle, le retrait du monde romain de Gaule devient définitif avec l’arrivée des Mérovingiens. Les premiers signes de décrépitude du site de

Genainville apparus au cours du IIIème siècle aboutissent  à la destruction des monuments qui seront utilisés comme une carrière de pierre jusqu’à l’époque moderne.

Au cours des siècles, le ruissellement de l’eau des plateaux entraîne vers le fond du vallon boues et limons qui envasent le temple et les bassins dont les systèmes de drainage ne sont  plus entretenus.  Le site s’enfonce dans l’oubli pour se réveiller au XXème siècle.

Situation actuelle

Au cours de randonnées dans le Vexin, un architecte parisien, Pierre ORIEME,  redécouvre en 1935 le site dont l’intérêt est confirmé par des premières fouilles. Il est classé par les Monuments Historiques en 1941 et l’Etat achète les parcelles qui constituent depuis 1946 le site archéologique actuel délimité par une clôture.

Les fouilles, sporadiques jusqu’en 1960, font alors l’objet d’un programme méthodique sous la direction d’un chargé de recherches au C.N.R.S. (  Centre National de la Recherche Scientifique ) : Pierre-Henri MITARD (décédé en 2004).  Le groupe de fouilleurs bénévoles  réuni autour de lui appartient principalement au  C.R.A.V.F. (Centre de Recherches Archéologiques du Vexin Français).

De nombreuses et fructueuses campagnes de fouilles mettent au jour le temple et confirment la grande richesse monumentale et architecturale du site : statues, monnaies ainsi que 3.000 objets de la vie quotidienne sont extraits du site de Genainville et exposés au Musée Archéologique départemental du Val d’Oise  à Guiry-en-Vexin. ( M.A.D.V.O.)

Après plus de 30 ans de fouilles, le site est fermé en 1991, l’entretien courant continuant d’être assuré par les Monuments Historiques (SDAP). Cependant les intempéries et les problèmes liés à l’évacuation des eaux de la nappe phréatique sous-jacente  fragilisent les constructions mises au jour durant les fouilles.

En 2002, la mairie de Genainville prend conscience des potentialités scientifiques et touristiques du site : elle sollicite et obtient du SDAP l’ouverture du site pour les Journées du Patrimoine : un flot de plusieurs centaines de visiteurs se rend aux Vaux-de-la-Celle. Une association est créée pour la sauvegarde du site archéologique de Genainville, l’ASSAGe,  qui collabore étroitement avec le musée archéologique départemental  (MADVO) et avec le Parc naturel régional du Vexin Français. ( P.N.R.)

L’ASSAGe   participe avec eux au comité de pilotage constitué avec les autres organismes concernés par le devenir du site : le cabinet du préfet, le Conservateur régional des monuments historiques (CRMH),    le service régional de l’archéologie d’Ile de France,  le service départemental de l’Architecture et du Patrimoine(SDAP),  le service départemental de l’archéologie du Val d’Oise (SDAVO), la direction du tourisme du P.N.R,  l’université de Cergy, le Centre de Recherches  archéologiques du Vexin Français (CRAVF) et la mairie de Genainville. 

L’ASSAGe  est en relations suivies avec de nombreuses associations (Amis du Vexin Français (AVF),  Société Historique  et Archéologique de Pontoise et du Vexin (SHAP), Association étudiante d’archéologie de l’université de Cergy).

Des sondages  ont été effectués sur le site en 1996 par le SDAVO. Quelques sondages complémentaires conduits récemment par l’Association étudiante d’archéologie ont mis au jour une portion de voie dallée.

Deux mémoires d’aptitude à la géologie ont apporté des données hydrogéologiques approfondies et concluantes sous l’égide de l’Institut Géologique Albert de Lapparent à Cergy avec le soutien du P.N.R.

La route à parcourir est encore longue et le sanctuaire de Genainville a besoin de toute l’aide qu’il mérite de recevoir.

2013 APSAGE ©. Tous droits réservés.

Site et graphismes réalisés par la Tartalateam

Crédit photo Estival Gilles LEDILHUIDY, Patrick DELAPLACE, Gérard MARCHAND et Théa MUCK